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 BIEN-ÊTRE ANIMAL

Le respect du bien-être animal à la ferme

L’élevage du lapin est issu
d’une longue tradition :

De - 400 000 av JC jusqu’au Moyen Âge, l’homme a
toujours chassé le lapin sauvage. A partir du XIIème siècle,
apparaissent les garennes qui sont des territoires
réservés à la chasse et à la reproduction du lapin, du lapin
de garenne. Ces réserves de chasse se révèlent inadaptées
à l'élevage des lapins. Au début du XVème siècle, ce
sont des moines qui imaginent la domestication des
lapins en inventant les premières cages : les clapiers.

Les clapiers feront ainsi leur apparition dans toute la
France. Dès lors, l’homme va apprendre à élever les
lapins, à sélectionner les races de lapin sauvage, à les
croiser pour développer certaines caractéristiques et
obtenir ainsi des lignées bien différenciées. La tradition de
l'élevage artisanal du lapin débute pour une consommation
familiale.

Dans les années 1970, avec l'urbanisation et les
nouveaux modes de consommation, l'élevage du lapin
se professionnalise et s'organise, tout en arrivant à
préserver le caractère authentique du produit. Les lapins
d'aujourd'hui sont issus de croisements de races
moyennes de poids adulte entre 3,5 et 4,5 kg.

Un environnement adapté :

Depuis une trentaine d’années, les clapiers des fermes et
des jardins familiaux, construits en bois ou sur sol cimenté
ont été remplacés par des cages au sol grillagé. Cette
technique de sol ajouré garantit l'élevage des lapins
dans des conditions sanitaires optimales. Pour
garantir le confort des animaux, les cages sont aussi
équipées de repose pattes.

Les lapins vivent le plus souvent dans un bâtiment chauffé
l'hiver et tempéré l'été, équipé d’un système de ventilation
régulée. La bonne qualité de l’air ambiant est ainsi
assurée. La luminosité est également contrôlée de
manière à respecter un rythme quotidien. Dans les
régions où le climat le permet, les cages sont parfois
installées en plein air.

Se reproduire et vivre vite : les
caractéristiques biologiques du
lapin


Le lapin est une espèce à forte prolificité, fruit de son
acclimatation à son environnement. En effet, dans
la nature, il a dû s’adapter aux conditions climatiques
de son milieu d’origine et affronter de nombreux
prédateurs.

Le lapin a un cycle biologique très rapide : la lapine
est capable de se reproduire à partir de 120 jours,
chaque gestation dure un mois, la lapine est à nouveau
fécondable immédiatement après la mise bas et le
lapereau multiplie par 50 son poids de naissance en 2 à
3 mois.

La reproduction
en ferme d'élevage


L'éleveur prend soin de ses animaux de la naissance
jusqu’à la vente. Généralement, il reçoit de jeunes lapines
reproductrices venant de fermes spécialisées. Ces
fermes sont soumises à des règles très strictes pour la
sélection et la multiplication des animaux.
La conduite d’élevage respecte le rythme
biologique du lapin : les jeunes lapines sont mises en
reproduction vers 4 mois. Pour préserver le cheptel,
l’éleveur limite à 7 le nombre de portées par lapine sur
une année. Les portées sont de 7 à 8 lapins en moyenne.

Le respect du bien-être animal à la ferme

Le respect du comportement animal :

Pour respecter le comportement maternel des lapines qui
s’isolent au moment de la mise bas, les femelles sont
élevées dans des cages individuelles. Les cages sont
aménagées en zones différenciées pour l’alimentation,
le repos et la nidification. Les boîtes à nid sont installées
dans l’espace réservé avant la mise bas pour que la
lapine prépare la nidification.

Après la naissance, les lapereaux sont élevés en
groupe pour favoriser les jeux et les comportements
sociaux. La densité maximale des animaux dans les
cages répond à la norme AFNOR en vigueur dans la
filière, plafonnée à 45 kg au m2.

Une alimentation 100 % végétale :

Le lapin est un herbivore. Après le sevrage, les animaux
reçoivent une alimentation équilibrée sous forme de
granulés, à base de végétaux uniquement, dont la
luzerne et les céréales sont les principaux composants.
Les lapins ont accès aux abreuvoirs et aux mangeoires
pour satisfaire à leurs besoins alimentaires en quantité
suffisante.

Savoir-faire et contrôles

Éleveur, un métier, une vigilance quotidienne :

Le rapport entre le lapin et l'homme a toujours été très
étroit. Le rôle de l'éleveur est fondamental pour le
bien-être des lapins. Par son travail quotidien dans
l’élevage, sa formation, et sa parfaite connaissance des
comportements des animaux, l'éleveur est l'un des principaux
acteurs du respect du bien-être animal. En effet, il
veille en permanence à la tranquillité des lapins et leur
apporte tous les soins nécessaires. Ces conditions sont
essentielles pour la bonne croissance des lapins.
Le savoir-faire des éleveurs est adossé à l'expertise des
vétérinaires qui surveillent et contrôlent les conditions
sanitaires et le respect du bien-être animal. Les contrôles
vétérinaires sont obligatoires et sont notifiés sur le registre
de chaque élevage, comme le prévoit l'arrêté ministériel
du 5 juin 2000.

Des règles rigoureuses pour
le transport … :

Les transporteurs doivent disposer d’un agrément qui
prévoit la qualification des convoyeurs.
Les animaux sont placés dans des caisses de transport
ajourées, de façon à éviter toute blessure et facteurs de
stress. La densité maximale de chargement peut être
modulée en fonction des conditions atmosphériques.
Dans tous les cas, elle doit être inférieure à 75 kg/m2. Lors
de son chargement, chaque lot est identifié.
Les tournées de ramassage sont organisées bien en
amont de façon à respecter les conditions de transport
établies par la réglementation européenne. Le temps de
transport et d’attente des animaux à réception à l’abattoir
est limité à 12 h au maximum.
Les abattoirs vont au-delà de la réglementation
européenne en fixant leurs exigences particulières : durée
des arrêts, lieu de stationnement, densité aménagée
selon température extérieure…
Le matériel de ramassage (camion, caisse, bascules) est
nettoyé et désinfecté à chaque tournée.

La protection des animaux lors de l’abattage :

En France, près de 120 abattoirs de lapins sont agréés
par les services vétérinaires d’inspection qui doivent s’assurer
du respect de la réglementation en vigueur.
Les personnels des abattoirs reçoivent une formation
spécifique et adaptée au respect des animaux.
Ils utilisent un matériel agréé et contrôlé régulièrement par
les agents des services vétérinaires.
La formation du personnel et la maintenance du matériel
sont essentielles et font partie des dispositions prises par
les entreprises pour garantir la protection des animaux.
Pour assurer les conditions optimales à la protection des
animaux, les abattoirs doivent obligatoirement procéder à
l'étourdissement des lapins avant l'abattage. L'animal est
dans un état d'inconscience et d'insensibilisation qui
permet à l'opération d'abattage d'être indolore.

SUR LE PLAN RÉGLEMENTAIRE,
la filière cunicole se réfère à la
Directive Communautaire 98/58/CE
du Conseil du 20 juillet 1998
concernant la protection des animaux
dans les élevages. Journal Officiel
n°L 221 du 8/8/1998
RÈGLEMENT (CE)
n° 1/2005 du Conseil du
22 décembre 2004 relatif à la
protection des animaux pendant
le transport et les opérations annexes
et modifiant les directives 64/432/CEE
et le règlement (CE) n° 1255/97
Journal officiel du 5/1/2005
DIRECTIVE 93/119/CE
du Conseil, du 22 décembre 1993,
sur la protection des animaux au
moment de leur abattage ou de leur
mise à mort. Journal Officiel n°L 340
Contrôle des animaux du 31/12/1993

Faire adopter les règles de bien-être animal à toute l'Europe

Depuis de nombreuses années, la filière cunicole
française finance des études pour faire progresser la
connaissance scientifique des facteurs de bienêtre
des élevages de lapins.
Les éleveurs français ont toujours été favorables à
l'établissement de normes, fondées sur des critères
objectifs et scientifiques, en matière de bien-être des
lapins.
Ainsi l'EFSA* (European Food Safety Authority) organisme
européen indépendant a réalisé un rapport sur le
bien-être des lapins d'élevage. Il doit servir prochainement
de référence au Conseil de l’Europe pour
l’adoption d’une nouvelle recommandation sur le
bien-être des lapins.
Celle-ci entend harmoniser et fixer les règles de bienêtre
animal qui seront applicables à la production
cunicole partout en Europe.

Toutes les garanties de qualité pour le consommateur

Du lapin à la viande de lapin, une traçabilité permanente :

Le 1er janvier 2006, l’Union Européenne a pris des dispositions
réglementaires très rigoureuses pour garantir aux
consommateurs la sécurité alimentaire des aliments.
Les opérateurs de la filière cunicole française ont donc
encore amélioré leurs systèmes et procédures de traçabilité pour suivre la viande de lapin qualitativement
et quantitativement dans l'espace et dans le temps.
• tenue par les éleveurs d'un registre d’élevage :
il permet le suivi des lots depuis l’achat des jeunes
reproducteurs jusqu’à la vente des animaux.
• élaboration d'une fiche spécifique qui recense
toutes les caractéristiques de l'animal : identification
de la femelle reproductrice, alimentation
reçue, soins vétérinaires apportés.
• identification des animaux de la naissance
jusqu’au point de vente par une codification
spécifique portée sur l’emballage de viande.
Dans les entreprises de grande taille, ces informations
sont saisies sur informatique à la réception des animaux.
Dans les petits abattoirs, l’enregistrement est fait
manuellement avec la même obligation de traçabilité
complète.
* Scientific Opinion of the Scientific Panel on Animal Health and
Welfare on “The Impact of the current housing and husbandry
systems on the health and welfare of farmed domestic rabbits”
adopted on 13th and 14th September 2005- EFSA-Q-2004-023